Aussi à l’aise sur un tapis de yoga que devant les caméras, cette jeune maman, psychologue de formation, place l’humain au cœur de ses priorités. Ses terrains de jeux ? Yoga, mode, réseaux sociaux … Une femme à l’esprit engagé qui mène de nombreux combats au quotidien avec un petit supplément d’âme. L’occasion pour nous d’en savoir un peu plus sur notre cover girl du mois ! Interview.

Retour en enfance… Où es-tu née et quel a été ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?
Je suis née à Casablanca, et j’ai été scolarisée à Ernest Renan puis au Lycée Lyautey. Après un bac littéraire, je me suis envolée pour Paris où j’ai fait une prépa littéraire avant de me tourner vers la psychologie. En rentrant au Maroc, j’ai frappé à la porte de l’ALCS car j’avais très envie de donner de mon temps et de mon expérience à une association avant de commencer à gagner ma vie. Ce fut l’une de mes aventures les plus riches humainement. Enfin, j’ai commencé à travailler en milieu scolaire, et parallèlement, en cabinet privé. Depuis, j’avance et ne circonscris pas mon activité à la psychologie seule. La notion de plaisir est essentielle et il est souvent nécessaire d’avoir plusieurs cordes à son arc pour pouvoir se réaliser pleinement. C’est ce que j’essaye de faire

Réseaux sociaux, évènements mode, shootings…Tu es présente sur beaucoup de projets, quelles sont tes différentes activités?
Mon activité première est la psychologie, que j’exerce en milieu scolaire et en cabinet. Parallèlement, le yoga prend de plus en plus de place dans ma vie, au point de devenir une activité tout aussi importante. Enfin, je renoue en ce moment avec la mode, et collabore avec des événements et marques qui correspondent à mes valeurs et à mes principes.

Qu’en est-il de la mode ?
La mode est venue à moi sans que je ne m’y attende. J’ai fait quelques couvertures de magazines au Maroc, à la fin de mes années lycée, puis quelques défilés à Paris pour des marques de prêt-à-porter. J’ai ensuite mis un terme à cela pendant plusieurs années, puis je me suis réconciliée avec les shootings en collaborant avec le magazine français Intersection, en 2011. La mode, lorsqu’elle permet l’expression d’un style, vient matérialiser deux valeurs que je porte en moi et que je défends : tout d’abord, le fait d’embrasser sa féminité, de l’assumer jusqu’au bout des ongles quelque soit son poids, son âge ou sa taille. Ensuite, un certain penchant pour la beauté, pour l’image, pour l’esthétique de la forme à laquelle j’ai toujours été sensible, que ce soit à travers l’humain, la nature, l’architecture, le design, ou quoi que ce soit qui vienne structurer l’espace ou le corps avec harmonie et originalité.

Alors que tu travailles en tant que psychologue, tu te tournes petit à petit vers le yoga…Un vrai changement dans ta carrière ?
Le yoga me trottait déjà dans la tête, puisque je le pratiquais depuis quelques années. J’ai pris la décision d’en faire un métier alors que j’étais hospitalisée : une pyélonephrite m’obligeait à écouter mon corps, et celui-ci me signifiait clairement qu’à trop m’occuper des autres, je passais à côté de moi-même. Un besoin urgent de reconnecter avec mes besoins, mon désir, mes envies, m’a alors aidée à prendre la décision de partir pour le Costa Rica, où j’ai passé mon certificat. Depuis, le yoga a clairement changé ma vie, mais je n’ai pas pour autant renoncé à la psychologie que j’exerce toujours. Et j’espère continuer à me former dans les deux domaines.

Tu es également de plus en plus tournée vers les réseaux sociaux aujourd ’hui… Quelle en est ta vision ?
Les réseaux sociaux ont toujours été pour moi un outil de partage, permettant de mettre en lumière ce que j’aime et ce que je fais, à commencer par le yoga. Ils sont devenus un outil professionnel, puisqu’en amont du yoga, il y a un mode de vie et des valeurs qui touchent une communauté, et dont je me sers pour travailler et collaborer avec des marques et des projets. Par conséquent, bien que je poste beaucoup moins que la plupart des personnes qui travaillent avec leur compte, j’y passe un certain temps. Et je ne suis pas tout à fait en paix avec ça. Lorsque l’on s’immerge dans les réseaux sociaux, on est partout, sauf dans l’instant présent. Je sais donc que je dois encore travailler sur moi pour y passer le moins de temps possible, tout en continuant à créer un contenu intéressant et aligné avec mes valeurs. Heureusement, mon fils vient continuellement me rappeler de « revenir », de lâcher tout ça pour être le plus présente possible, sans me laisser absorber par tout ce que je fais. C’est lui, mon instant présent !

Te considères-tu comme une influenceuse ? Qu’est-ce que cela représente pour toi ?
Ce mot m’a longtemps dérangée, d’abord parce que je préfère parler d’inspiration que d’influence. Être une source d’inspiration, c’est beaucoup plus doux et subtil. Nous avons tous besoin d’inspiration, et nous nous inspirons tous les uns des autres. C’est un phénomène naturel. D’un côté, je n’y vois que du bon, à partir du moment où les valeurs que l’on y transmet sont pour le bien commun. De l’autre, cela implique une grande responsabilité : celle de l’impact que l’on exerce sur les personnes qui nous suivent, et qui sont parfois très jeunes. Quelque soit la taille de notre communauté, la responsabilité est la même. Il faut rester vigilant et authentique par rapport au contenu que l’on partage, et rappeler aux jeunes que le digital est certes un outil puissant, mais que rêver de devenir influenceur et d’avoir des millions de followers n’est jamais une fin en soi…

Tu supportes également la cause animale… Quelles sont les autres causes qui t’inspirent au quotidien ?
La cause des « sans-voix » est l’une de celles qui me touche le plus. Pas
de fourrure ni de peau exotique, pas de foie gras, mille fois l’adoption plutôt que l’achat qui encourage le commerce des animaleries, pour la stérilisation de nos chiens et chats, bannir le zoo, bannir également les cirques qui utilisent les animaux en les sortant de leur milieu naturel… Refuser tous ces comportements catastrophiques que l’humain adopte face à une nature déjà tellement menacée. Il est temps de réagir. Prendre soin des animaux devrait faire partie de l’enseignement que l’école prodigue à nos enfants, comme de l’éducation qu’on leur donne en tant que parents. Les autres causes qui m’inspirent sont toutes celles qui donnent une voix aux minorités et aux plus faibles.

Et les personnalités qui t’inspirent ?
Parler du sida dans un pays comme le Maroc, comme a su le faire (non sans difficulté) Hakima Himmich avec l’ALCS, donner un cadre, une sécurité, une écoute aux mères célibataires et aux enfants abandonnés, comme le fait depuis des années Aicha Chenna, se battre pour que les femmes aient le droit de disposer de leur corps et d’avorter, comme tente de le faire le Dr Chraibi… Voilà des personnes qui m’inspirent ! Quelques années après mon expérience à l’ALCS, j’ai travaillé dans deux orphelinats de Casablanca, et j’ai vu des bébés arriver avec leur cordon ombilical. Depuis que je suis moi- même maman, à chaque fois que j’y repense, j’en pleure. Ce n’est pas l’avortement qui est « hram », c’est de condamner ces petits êtres à une vie souvent désastreuse, et c’est de blâmer des femmes qui craignent pour leur vie et n’ont souvent pas choisi leur condition. On s’indigne trop souvent devant les mauvaises cibles… Ce sont les hommes de ce pays qui s’érigent en juges tout-puissants au lieu de tendre la main aux femmes qui sont à blâmer.

Une vie multi facette… difficile de combiner tous ces rôles ?
Pas difficile de les assumer aux yeux du monde. En revanche, fatigant… J’ai un côté perfectionniste qui ne m’aide pas à me ménager. Passer un maximum de temps avec mon fils, réaliser un travail de qualité dans les écoles où je travaille, donner le meilleur de moi-même à mes élèves au yoga, réaliser du contenu de qualité, être professionnelle dans les différentes collaborations que je réalise… Ça fait parfois beaucoup, et l’urgence est souvent de revenir à moi-même. Malheureusement, ce n’est pas quelque chose que je fais naturellement.

Est-ce vrai que tu es fan d’éléctro ? D’autres passions à avouer ?
À avouer ?! (Rires) Eh bien non, je me confesse volontiers ! Oui, je suis fan de musique en général, de jazz, d’ailleurs mon fils s’appelle Miles, comme Miles Davis, et est venu au monde après une soirée « jam » avec les copains, mais aussi de musique classique, de pop… et bien sûr, d’électro. Et vous voulez que je vous dise mieux que ça ? J’ai teaché à Ibiza juste après ma certification au Costa Rica, et le tout premier cours de yoga que j’ai donné en rentrant au Maroc était sur de la musique electro… Le succès a été tel que depuis, en plus de mes indispensables playlists que je concocte avec beaucoup d’amour, j’invite régulièrement des amis DJ à jouer pendant mes cours et Masterclass. Comme quoi, tout est possible ! La musique est un outil précieux. Si on sait l’utiliser et la vivre, tout, y compris un cours de yoga, devient plus magique.

Tu es récemment devenue une jeune maman, est-ce-que cela a changé ta vision des choses ?
Mon fils fera un an en janvier, et il est ma plus grande claque spirituelle et émotionnelle. Sa venue au monde m’a bouleversée, et me bouleverse encore. Au point où tout a changé. Mes priorités bien évidemment, mais aussi mon rapport au temps et à l’espace. Avant, le temps passait, aujourd’hui, c’est nous qui le traversons. Je ne sais pas si ce que je dis est compréhensible, mais avec lui, je vis une expérience cosmique (rires). Je me pose aussi beaucoup de questions existentielles. Je me sens beaucoup plus forte et en même temps, tellement plus sensible et vulnérable. Devenir mère est quelque chose d’extraordinaire. Les mots sont bien peu de choses pour arriver à le décrire.

Quels sont tes projets futurs ?
Développer mon yoga, faire de belles collaborations, continuer à me former, apprendre, découvrir… Mais surtout ralentir le rythme, passer du temps avec mon fils, le regarder grandir, savoir écrire de beaux moments en famille, et… me laisser vivre, tout en prenant soin de moi.

Interview décalée…

Quelle est ta journée type ?
Bébé, psycho, yoga, dodo.

La personnalité qui t’inspire ?
Toutes les femmes qui savent se battre pour se réaliser. Hakima Himmich par exemple.

Le film que tu as regardé 10 fois ?
Beauté Volée, de Bertolucci, avec Liv Tyler.

Ton restaurant préféré à Casablanca ?
Le quatorZe, sans hésitation !

Ce que tu détestes le plus au quotidien ?
La maltraitance animale, voir des ânes et des chevaux au milieu de la circulation, le mensonge, les commérages.

Ton soin favori ?
Tous les soins holistiques et 100% naturels que réalise Zahra, de Azhul, à son studio.

Quelles sont les 3 pièces mode incontournables à avoir selon toi ?
Un legging noir, un jean, une chemise blanche.

Un livre à conseiller ?
Le Petit Prince de Saint-Exupéry. À mes yeux la plus belle piqure de rappel. Je le relis tous les ans.

Le voyage qui a changé ta vie ?
Mon voyage au Costa Rica !

Le conseil qui t’a inspiré ?
« Laisse-toi briller ». Mon acupunctrice m’a dit ça il y a une dizaine d’année… Cette phrase ne m’a jamais quittée. Celle d’André Laloy non plus d’ailleurs (mon fasciathérapeute, qui nous a quittés trop tôt). Il m’a dit un jour « Ne perds jamais de vue les raisons de tes décisions ». Une clé pour ne pas revenir en arrière inutilement.

Une destination où tu rêves d’aller ?
Il y en a tellement : la Mongolie, Hawaï, les Seychelles, le Japon, l’Islande…

La star avec qui on te compare souvent ?
Liv Tyler !

Ton salon préféré à Casablanca ?

Manoir Coquetterie. La propriétaire y propose des produits de qualité (notamment la gamme de vernis à ongles NCLA, végane, 7 free et non testées sur les animaux), et leur page Instagram est une tuerie !