Et vous quel est votre plus beau souvenir de dessin animés ? À l’occasion de la 19ème édition du Festival International de Cinéma d’Animation de Meknès (FICAM) organisé du 20 au 25 mars, voici notre sélection totalement subjective des dessins animés coups de cœur à voir ou à revoir en famille.

À partir de 3 ans

Princes et Princesses

Coup de cœur éternel pour ce film d’animation imaginé autour du théâtre d’ombres, façon ombres chinoises en papier découpé, réalisé par Michel Ocelot et sorti en salles dans les années 2000.

Le synopsis ? Suite de six contes en théâtre d’ombre. Deux enfants curieux se retrouvent tous les soirs dans un cinéma désaffecté et, avec l’aide d’un vieux technicien, ils inventent et se déguisent puis vivent des histoires dont ils sont les héros : « la Princesse des diamants »; « le Garçon des figues »; « la Sorcière »; « le Manteau de la vieille dame »; « la Reine cruelle »; « Princes et princesse ».

Pourquoi on aime ? Parce qu’il nous fait toujours autant rêver et qu’il nous entraine avec enchantement dans l’univers de l’enfance. Fait de papier et de lumières ce film, subtil et envoûtant, se transforme sous nos yeux en un élégant théâtre d’ombres, dans une grande cérémonie autour du dessin et du conte.

Kirikou

« Kirikou et la sorcière » est le premier film d’animation du réalisateur français Michel Ocelot, sorti en 1998 avec les voix de Theo Sebeko, Antoinette Kellermann, Fezele Mpeka, et des musiques composées par Youssou N’Dour. Dès sa sortie, il connaît un succès incroyable autant auprès du public que des critiques. En 1999, il remporte le Grand prix du meilleur long métrage d’animation au Festival international du film d’animation d’Annecy, et aux États-Unis, le premier prix de la part du jury enfants et du jury adultes au Festival International du film pour enfants de Chicago. Ensuite, il est récompensé de plus d’une trentaine de prix dans de nombreux festivals internationaux consacrés au film d’animation en général ou aux films pour la jeunesse, en Europe, en Amérique, en Afrique et en Asie.

Le synopsis ? Le minuscule Kirikou naît dans un village d’Afrique sur lequel la sorcière Karaba, entourée de ses redoutables fétiches, a jeté un terrible sort : la source est asséchée, les villageois rançonnés, les hommes sont kidnappés et disparaissent mystérieusement. Kirikou, sitôt sorti du ventre de sa mère, va délivrer le village de l’emprise maléfique de Karaba et découvrir le secret de sa méchanceté.

Pourquoi on aime ? Inspiré d’un conte, ce dessin animé nous plonge au cœur de ce grand continent africains. Les dessins, les couleurs, les voix, la musique, et même la gentille morale de l’histoire nous font vivre un voyage culturel parfaitement maîtrisé. On adore !

À partir de 4 ans

Le roi et l’oiseau

Monument du film d’animation français et premier du genre, « Le Roi et l’oiseau » de Paul Grimault écrit par Jacques Prévert est sorti en 1980, mais sa préparation a débuté dès 1946 pour une première sortie en 1953. Il s’inspire du conte d’Andersen « La bergère et le ramoneur » et c’est d’ailleurs sous ce nom que sort une première version en 1953, qui ne plaira pas à Grimault et Prévert, qui s’en désolidariseront. La version définitive sort en 1980, et remporte un succès colossal : avant même sa sortie, il reçoit le prix Louis-Delluc en 1979 et reste le seul dessin animé a avoir eu cette récompense. On lui reconnaît unanimement un rôle clé dans l’histoire du dessin-animé car il s’éloigne des canons de Disney et propose une réflexion politique et sociale.

Le synopsis ? Le Roi Charles V et Trois font Huit et Huit font Seize règne en tyran sur le royaume de Takicardie. Seul un oiseau, enjoué et bavard, qui a construit son nid en haut du gigantesque palais, tout près des appartements secrets de Sa Majesté, ose le narguer. Le roi est amoureux d’une charmante et modeste bergère qu’il veut épouser sous la contrainte. Mais celle-ci aime un petit ramoneur. Tous deux s’enfuient pour échapper au Roi…

Pourquoi on aime ? Véritable œuvre intemporelle, ce dessin animé a inspiré de nombreux auteurs dont Miyazaki lui-même. Empruntes de poésie, les images nous font vivre un amour pur, accompagnées d’une musique poignante qui nous fait vibrer autant que l’histoire. Une vraie merveille.

À partir de 6 ans

La colline aux coquelicots

Dans la grande famille des chefs-d’œuvre proposés par le Studio japonais Ghibli, on craque pour cette histoire d’amour réalisée par Gorō Miyazaki, fils du grand Hayao Miyazaki.

Le synopsis ? Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d’une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l’horizon. Au lycée, quelqu’un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C’est peut-être l’intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu’Umi n’a pas manqué de remarquer… Attirés l’un par l’autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d’activités, de la sauvegarde du vieux foyer jusqu’à la rédaction du journal. Pourtant, leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d’un secret qui entoure leur naissance et semble les lier… Dans un Japon des années 60, entre tradition et modernité, à l’aube d’une nouvelle ère, Umi et Shun vont se découvrir et partager une émouvante histoire d’amitié, d’amour et d’espoir.

Pourquoi on aime ? Loin des univers fantastiques que l’on rencontre souvent chez Ghibli (« Le voyage de Chihiro », « Princesse Mononoké » ou encore « Le château dans le ciel »…) le studio japonais livre cette-fois un film d’animation sublime qui explore le sentiment amoureux avec grâce et simplicité. Et ça fait du bien !

La fameuse invasion des ours en Sicile

« La Fameuse invasion des ours en Sicile » est un film d’animation franco-italien réalisé par Lorenzo Mattotti avec la voix de Leïla Bekhti et Jean-Claude Carrière. Il remporte de nombreux prix comme Meilleur réalisateur lors de la 14ème Fête du cinéma de Rome ou sa nomination à la sélection officielle du 72ème Festival de Cannes dans la section Un certain regard.

Le synopsis ? L’auteur de bandes dessinées Lorenzo Mattotti adapte le livre pour enfant de Dino Buzzati… Tout commence le jour où Tonio, le fils du roi des ours, est enlevé par des chasseurs dans les montagnes de Sicile. Profitant de la rigueur d’un hiver qui menace son peuple de famine, le roi décide alors d’envahir la plaine où habitent les hommes. Avec l’aide de son armée et d’un magicien, il réussit à vaincre et finit par retrouver Tonio. Mais il comprend vite que le peuple des ours n’est pas fait pour vivre au pays des hommes…

Pourquoi on aime ? Parce que ce conte joliment adapté aux couleurs amboyantes soulève avec finesse des questionnements autour du respect et du vivre ensemble dans un joyeux mélange des genres. Du pur bonheur !

À partir de 13 ans

J’ai perdu mon corps

« J’ai perdu mon corps » est un film français d’animation réalisé par Jérémy Clapin, sorti en 2019. Présenté au Festival de Cannes 2019, il y remporte le Grand prix de la Semaine de la critique et reçoit ensuite le Cristal du long métrage au Festival du lm d’animation d’Annecy avant d’être nommé aux Oscars 2020.

Le synopsis ? À Paris, Naoufel tombe amoureux de Gabrielle. Un peu plus loin dans la ville, une main coupée s’échappe d’un labo, bien décidée à retrouver son corps. S’engage alors une cavale vertigineuse à travers la ville, semée d’embûches. Naoufel, la main, Gabrielle, tous trois retrouveront, d’une façon poétique et inattendue, le fil de leur histoire…

Pourquoi on aime ? Parce que cette histoire un brin étrange et mélancolique qui raconte les tribulations d’une main amputée (avis aux âmes sensibles) revisite le film d’animation « adulte » avec beaucoup de poésie.

Les hirondelles de Kaboul

Adapté du roman homonyme de Yasmina Khadra, par Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec, avec les voix de Simon Abkarian, Zita Hanrot, Swann Arlaud, Michel Jonasz, sorti en septembre 2019, ce film a nécessité six ans de travail. Il a remporté le Valois de Diamant du meilleur film au Festival d’Angoulême.

Le synopsis ? Été 1998, Kaboul en ruines est occupée par les talibans. Mohsen et Zunaira sont jeunes, ils s’aiment profondément. En dépit de la violence et de la misère quotidienne, ils veulent croire en l’avenir. Un geste insensé de Mohsen va faire basculer leurs vies.

Pourquoi on aime ? Avec leurs couleurs éteintes, comme délavées, les images d’animation de ce film permettent de mieux supporter l’horreur du régime des talibans, de suivre ces personnages à l’histoire si cruelle mais tellement belle.

À partir de 15 ans

Le tombeau des lucioles

Film d’animation japonais d’Isao Takahata du studio Ghibli, sorti en 1988, avec les voix de J.Robert Spencer, Ayano Shiraishi, Veronica Taylor, ce film est destiné à un public d’adolescents et d’adultes. Inspiré de la nouvelle d’un écrivain japonais dont la sœur décède pendant la seconde guerre mondiale, il dénonce les horreurs de la guerre sans les cacher. Peu récompensé par les prix, il déroute par sa noirceur les spectateurs mais reste à jamais gravé dans les mémoires. Ce film est devenu un classique de l’animation japonaise, et reste considéré comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre du long-métrage d’animation.

Le synopsis ? Japon, été 1945. Après le bombardement de Kobé, Seita, un adolescent de quatorze ans et sa petite soeur de quatre ans, Setsuko, orphelins, vont s’installer chez leur tante à quelques dizaines de kilomètres de chez eux. Celle-ci leur fait comprendre qu’ils sont une gêne pour la famille et doivent mériter leur riz quotidien. Seita décide de partir avec sa petite soeur. Ils se réfugient dans un bunker désaffecté en pleine campagne et vivent des jours heureux illuminés par la présence de milliers de lucioles. Mais bientôt la nourriture commence cruellement à manquer.

Pourquoi on aime ? La guerre vue par les yeux d’enfants ne perd pas de sa cruauté, mais il faut survivre malgré tout, et c’est bien le propos du film. Loin des films de Disney, le happy ending n’est pas au rendez-vous… On en sort bouleversé, mais ravi aussi du moment vécu.