Après un passage entre les murs parisiens de l’Institut du Monde Arabe, c’est à Rabat que vient s’installer cette exposition inédite, du 17 octobre au 25 janvier. Sa mission ? Explorer les liens entre le monde arabo-musulman et l’Afrique subsaharienne. Édifiant !

« Djenne Mosque », Mali, 2000. Tirage photographique contrecollé sur Dibond, collection
de l’artiste.
Collier, Mauritanie, confins sahariens, XXe siècle, Musée de l’Institut du monde arabe.

Avez-vous déjà voyagé dans le temps ?
La rencontre de l’Islam et de l’Afrique subsaharienne à travers 13 siècles d’histoire, c’est la dernière exposition dévoilée ce mois-ci à Rabat par l’Académie du Royaume du Maroc, en partenariat avec l’Institut du Monde Arabe, le Ministère de la Culture et la Fondation Nationale des Musées. Entre exploration artistique, épopée historique, spirituelle et découverte pédagogique, une manifestation culturelle plurielle rassemblant pas moins de 250 œuvres alliant art, archéologie, architecture et ethnographie, présentée au sein de 3 lieux emblématiques de la capitale. Un cours d’histoire, grandeur nature. Tour de piste.

Hache de commandant mahdiste. Soudan, 1881. Fer, incrustations de cuivre et d’argent, peau de lézard. Bellegarde, collection Durling

De l’Afrique de l’Ouest, en passant par la corne de l’Afrique, la haute vallée du Nil et l’aire swahilie, c’est une véritable immersion au cœur de notre patrimoine commun africain, matériel et immatériel, que nous invite à découvrir cette exposition majeure articulée autour de 3 grands axes, dans un dialogue continu avec l’art contemporain. Premier chapitre ?Embarquement pour les « Chemins de l’islam », un retour aux origines de l’islamisation du sud du Sahara et sa diffusion. Pour le second chapitre, direction les « gestes du sacré », et l’exploration des pratiques religieuses du continent. Enfin, passage obligatoire par « les arts de l’Islam au sud du Sahara », une expérience muséale autour de l’art et l’artisanat, vecteur essentiel de la transmission de la culture arabo-musulmane.

« Colors of Gnaoua, Ba Bohot », 2015

Boubous brodés, bijoux en argent, amulettes et cuirs touaregs confectionnés par les peuples migrants du Sahara ont, depuis longtemps participé à la rencontre des savoir-faire, des techniques et à leur rayonnement dans le monde. « L’exposition constitue un événement unique mettant en avant le rôle spirituel des échanges culturels entre l’Afrique et le monde arabo-musulman durant plusieurs siècles », a notamment déclaré le Secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume du Maroc, Abdeljalil Lahjomri. Conclusion ? Un témoignage entre passé et présent inestimable en 3 dimensions, où l’art joue le rôle de parfait pédagogue. Et nous ça nous donne la foi.

Coran, Afrique de l’Ouest, XIXe siècle, manuscrit non relié,  collection Constant Hamès.

Du 17 octobre au 25 janvier 2020 – Galerie Bab El Kébir, galerie Bab Rouah et musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain.