Jalil Tijani : « Je rigole plus dans un taxi mais j’arrive plus vite dans un uber ! »

Avec Jeux de société son premier spectacle, l’humoriste rbat’i Jalil Tijani fait déjà salle comble. Rencontre avec un comédien prometteur qui assaisonne avec une douce ironie, les petits travers de la société marocaine.

Madame à Casa. – Bonjour Jalil, que représente la scène pour toi ?
Jalil Tijani. – 
Pour moi la scène c’est magique, c’est un lieu de vérité, un endroit où l’on peut être encore plus vrai que dans la vie. Avoir dans une salle des gens qui ne se connaissent pas et qui rigolent en même temps sur une blague que tu as préparée, c’est vraiment super.

Est-ce que c’est difficile de se lancer dans une carrière théâtrale ?
Oui, oui, oui… C’est difficile mais en même temps c’est très facile. Par exemple, à l’époque ça me paraissait être un rêve inaccessible, je n’osais même pas en parler, j’en rêvais dans ma chambre sous ma couette (rires). En fait, c’est comme dans la vie, il suffit juste de mettre le premier pied à l’étrier, et après on se rend compte que ce n’est pas si compliqué que ça ! De fils en aiguilles tout prend forme. J’ai commencé à faire des études de théâtre et petit à petit ce qui était flou est devenu plus clair. Et cela s’est traduit par l’écriture de mon premier spectacle Jeux de société.

Retrouvez l’interview vidéo de Jalil Tijani

Quel est ton personnage préféré?
Aïe, c’est difficile ! Je les aime tous mais j’ai une petite préférence pour le chauffeur de taxi. Les personnages sont francophones et arabophones et c’est vrai que j’aime bien les personnages en darija car il y a une puissance humoristique très forte avec. Le langage est très imagé, très percutant, j’ai envie de creuser encore plus de ce côté.

Selon toi, le rire est-il le meilleur moyen de véhiculer certains messages ?
Il y a différentes traditions dans le rire. Il y a l’absurde qui questionne la réalité d’une certaine manière, la grande tradition de Molière et la critique sociale. Cette tradition me fait particulièrement vibrer. Il y a aussi des comiques plus légers…, il faut de tout ! Mais oui, l’humour pour moi c’est le meilleur moyen de véhiculer un message sans être dans un rapport « rigide ». Il y a une délicatesse dans l’humour qui est super.

Justement quelles sont les causes qui te tiennent à cœur ?
Je ne suis pas un idéologue mais j’essaye de rester vigilant, et forcément il y a certaines choses qui ne passent pas ! Le sort des femmes par exemple, c’est un sujet qui m’intéresse. Leur situation n’est pas forcément à envier. Au Maroc, après 20h c’est un peu le train fantôme. On ne va pas se mentir, ici les femmes ne sont pas aussi libres qu’à Los Angeles !

interview jailli tisane humour maroc

Quelle est ton actu et quels sont tes projets ?As-tu certaines références dans le monde du spectacle?
Bien sûr je ne suis pas une page blanche ! L’oeuvre de Molière m’a particulièrement nourrit quand j’étais en école de théâtre. C’est avec lui que j’ai compris que l’humour pouvait être très sérieux. Je crois que j’avais besoin de me dire qu’on était pas juste des petits fanfarons. Après, c’est sûr, il y a des humoristes contemporains qui m’ont marqué. Aujourd’hui, pour un comique marocain qui est un peu francophone, que tu le veuilles ou non, il y aura toujours le fantôme de Gad El Maleh derrière toi. Je le savais pertinemment, c’est une référence et je me suis efforcé de m’en démarquer et j’espère avoir réussi ! J’aime bien aussi Alex Lutz, j’adore son travail je le trouve très juste dans l’interprétation de ses personnages.

Dans un premier temps, on a deux prochaines dates à l’Institut français de Casa, le 20 et le 27 octobre. Je pense que le spectacle est arrivé à une forme assez mature, parce que je n’ai pas arrêté de le retravailler. Pour dire, le premier durait 55 minutes et là on est arrivé à 1 heure 30 de show ! Ensuite, forcément je continue à écrire tout le temps et je commence à mettre de côté pour un second spectacle. Attention, je n’annonce rien, je prends mon temps, mais forcément l’aventure continue !

Interview décalée 
« Ipanema c’est pas la Corniche »

interview jailli tisane humour maroc

Plutôt plage ou ville ? Plage ! Je me suis mis récemment mis au surf, une très belle activité.

Taxi ou Uber ? Question dangereuse! Je rigole plus dans un taxi mais j’arrive plus vite dans un uber (rires). Donc je prends un taxi !

Night club ou soirée entre amis ? Soirée entre amis et jeux de société à la maison ! C’est bien ça jeux de société à la maison (rires).

 

Dernières vacances ? Rio ! Ipanema c’est pas la Corniche ! Faudrait d’ailleurs ipanamiser Casa, il faudrait prendre tous les casaouis les mettre à Rio pendant un mois, et ramener tous les cariocas de Rio et les mettre à casa, juste pour voir… Je propose un jumelage entre Casa et Rio !

Casa ou Rabat ? Un mix entre Rabat et Casa. Casa avec son dynamisme et Rabat pour ses espaces verts, sa tranquillité et sa non-pollution. Casa c’est super mais Rabat c’est bien aussi…pour faire du tourisme écologique par exemple…ou des randonnées (rires).

Une adresse à recommander ? Je ne suis pas un grand « clubber », je suis un peu casanier…même à Rabat mon restaurant préféré ça reste La Mamma, c’est quasiment un monument historique là-bas ! A Casa, je suis allé dernièrement au Cabestan : c’est pas la même chose ! Juste le nom quand je l’ai entendu je me suis redressé et recoiffé (rires) il y a des personnages très inspirants là-bas !

Bronzette à Marrakech ou trempette à Taghazout ? (Rires) Tu m’imagines dire bronzette à kech ? Non trempette à Taghazout bien sûr ! Rien que le nom TAGHAZOUT harak and surf!

Terrasse de café ou balade sur la Corniche ? Corniche ! Il faut savoir qu’il y a des spécimens rares là-bas, comme ceux qui observent les oiseaux, les ornithologues, moi je cherche les profils rares !

Un secret lourd à garder ? Jai donné des noms à mes pectoraux : celui là il s’appelle Shrirhat par exemple.

Bagues de fiançailles ou date Tinder ? Joker !

Et enfin un mot pour Madame à Casa ? Je souhaite bonne chance à Madame et je n’aurais qu’une seule question : à quand un Madame à Inezguane ?

Billets à 100 dhs à récupérer à l’Institut français de Casablanca de 9h à 17h au 121, Bd Zerktouni. 

Informations sur www.if-maroc.org/casablanca/

Crédits Photo – HoM Photography