Coach sportif, comédienne, influenceuse, Sofia Belkamel incarne à la perfection cette nouvelle génération de mamans qui multiplie les projets tambour battant. Entière, déterminée, passionnée et rayonnante, la cover girl idéale… Interview.

Où es-tu née et quel est ton parcours professionnel ?
Je suis née à Nantes et je suis arrivée à Marrakech à l’âge de 3 ans. Je suis ensuite partie à Marseille pour un master en évènementiel et communication en même temps que mon petit copain de l’époque, Amine, qui est ensuite devenu mon mari. Lorsque l’on est rentré ensemble au Maroc, j’avais 23 ans. Je travaillais à l’époque dans une boîte de communication et d’évènementiel mais… ça a duré 3 mois ! Je me suis vite rendue compte que je n’étais pas du tout faite pour un travail de bureau. À côté de tout ça, j’étais également comédienne, et j’ai tout lâché pour un tournage. Ce n’est que par la suite que j’ai décidé de me lancer dans le sport un peu plus sérieusement…

Coach sportive, comédienne, influenceuse… Tu es une véritable touche à tout… Dis-nous en un peu plus : comment le sport est-il devenu pour toi un art de vivre au quotidien ?
Quand j’ai rencontré Amine,mon mari et cofondateur de KaviarCrossfit, j’avais 16 ans et on a commencé à se mettre au sport petit à petit. On courait beaucoup, au moins une heure tous les jours avant d’aller à la salle de sport. Abdos, fessiers, trx, zumba, j’ai tout testé, la totale. Jusqu’au jour où on a découvert le Crossfit. Là, on a rapidement accroché… et pas pu décrocher depuis ! On a décidé de continuer cette passion une fois de retour à Casablanca en organisant des événements sportifs bénévolement à travers la page Facebook « Sofia et Amine Healthylifestyle ». Cela a eu un succès fou ! Le 1er jour, il y avait 5 personnes, au deuxième cours, ils étaient 80.

Et ensuite ?
On a voulu y aller un peu plus concrètement en passant lui et moi le « crossfit level 1 » à Madrid pour devenir coach. Ensuite, on s’est marié et ça a fait le buzz sur les réseaux sociaux… Ce n’était pas censé, mais bizarrement ça a fait le buzz. C’est à partir de là que l’on a décidé d’ouvrir nos pages Instagram respectives, chacune la sienne, pour garder notre indépendance. C’était il y a deux ans et demi à peu près. Tout ça a très vite évolué, on gravite aujourd’hui autour de 300 000 followers chacun, et on a décidé de passer le cap en ouvrant notre salle de sport KaviarCrossfit à Marrakech, un rêve ! Et puis je suis tombée enceinte. À partir de ce moment j’ai un peu « switché » vers un profil maman/ bébé… Au Maroc ce qui intéresse le plus, c’est la vie intime des gens, et vu que moi je n’ai aucun problème avec ça, pourquoi pas ? On a vraiment vu grandir notre communauté. On essaye de communiquer de façon ludique et rigolote, amener le rire dans le healthy lifestyle.

L’ouverture de KaviarCrossfit… Une consécration ?
Oui c’est sûr. C’est la première chose que l’on crée vraiment ensemble par passion Amine et moi, avec notre ami Simo. Cela a plutôt bien démarré, parce qu’à la base on avait déjà notre communauté, notre petite « famille ». On propose des séances de coaching personnalisées en petit groupe de 10 ou 15 personnes entre le cardio, l’haltérophilie et la gymnastique. C’est un sport très complet et adapté à tous les niveaux, tous les âges.

Travailler avec son mari un pari possible donc ?
C’est possible mais c’est très dur ! Ça dépend du caractère de chacun évidemment, mais comme il a un caractère plutôt fort et que moi je suis très tendue, oui c’est assez difficile ! On est partout ensemble mais il faut dire que ça nous arrange bien… Parce qu’on s’aime bien, et qu’on est toujours très liés et très amoureux !

Qu’en est-il du cinéma ?
J’ai fait dix ans de théâtre depuis l’adolescence. Mon premier casting a été pour « Sex and the city » pour de la figuration. J’avais été refusée parce que j’étais un peu « bouboule » à cette époque… C’est aussi un peu à cause de ça que je me suis mise au sport. Et moi qui ne lâche jamais rien, je me suis quand même pointée le jour du tournage ! Le mec m’a trouvé assez audacieuse et il m’a quand même prise. J’ai fait beaucoup de figuration par la suite, puis on m’a proposé quelques rôles à droite à gauche… Il y a eu une petite apparition dans le lm « Yves Saint Laurent » avec Jalil Lespert, des séries marocaines diffusées pendant ramadan comme par exemple « Allah Yssameh » et aussi quelques séries étrangères et des documentaires… Par contre, c’est très difficile l’acting au Maroc. Ce n’est pas bien payé, on peut difficilement en vivre et on demande souvent de parler arabe. Je dois avouer que j’ai un peu de mal avec mon arabe et mon accent.

Tu partages également ta vie, ton couple, et tes passions sur les réseaux sociaux… Te considères-tu comme une influenceuse, qu’elle en est ta vision ?
C’est un milieu assez dangereux, parce qu’il y a certains influenceurs qui communiquent aussi du négatif. Pour nous, c’est important de pouvoir vraiment dire non à certaines choses et d’emmener les gens vers une finalité positive. C’est aussi un cercle vicieux, certains se disent : tiens il y a de l’argent facile à se faire…, il faut faire attention. À côté de ça, les réseaux sociaux permettent aussi de communiquer de belles choses, solidaires, caritatives. Pour moi, c’est important de faire quelque chose de positif pour la société.

Quelles sont les causes qui te tiennent à cœur ?
Depuis très longtemps j’essaye de faire des choses avec les orphelinats. C’est un sujet qui me tient vraiment à cœur car mes oncles et mes tantes ont déjà adopté. Ma dernière action a été de me rendre au village « Atlas kinder » créé pour les enfants abandonnés. Ils sont 120, vous imaginez ? Adopter des enfants, c’est très compliqué. Un enfant adopté ne peut pas avoir le nom de famille de la personne qui l’a pris sous son aile, ni hériter… C’est assez triste. Il y a également un gros souci de jugement au Maroc. Ne pas pouvoir se faire avorter, la peur du regard des autres… En même temps, ce sont les lois derrière tout ça qu’il faut changer ! Il y a de plus en plus de mouvements de femmes qui tentent de faire bouger les lignes comme la dessinatrice Zineb Fasiki ou #freehajar et je trouve ça super. Moi en tout cas, j’encourage ce genre de choses. J’ai le sang chaud, je suis révoltée par nature, je suis féministe un petit peu aussi à la base donc oui j’essaye d’apporter mon soutien et de porter ce genre de messages à mon niveau.

Tu es également maman d’un petit garçon… Difficile de combiner tous ces aspects de ton quotidien ?
Franchement, on ne va pas se mentir, ce n’est pas facile, c’est de l’organisation que je n’ai pas ! Mon mari m’apporte cette organisation, ça m’aide beaucoup. J’essaye tout le temps de tout faire malgré tout ! J’emmène mon fils partout avec moi aussi. Il est assez sociable, c’est chouette, il a beaucoup voyagé donc ce n’est pas un souci, ça l’ouvre au monde, aux gens… Mais oui, il y a de la fatigue ! Je suis une maman allaitante aussi donc ça rajoute. J’essaye de tenir l’allaitement jusqu’à ses deux ans. Je suis pro allaitement et je n’ai pas peur d’en parler. J’essaye de faire passer ce message même si chaque cas est différent, c’est un ressenti, comment chaque maman vit la chose.

Quels sont tes projets ?
On est en train de mettre en place des capsules vidéos parents-bébé avec une agence à Casa. C’est plutôt à caractère humoristique, un peu à la « un gars,une fille ». Je n’en dis pas plus, ça reste encore un peu secret mais c’est un super projet auquel je tiens beaucoup en tant que comédienne. Ça va tout englober, le côté maman, couple… Avec une touche d’originalité, pour que ça puisse parler aux gens et surtout déculpabiliser les parents aussi. Sinon, côté sport, on continue toujours, avec plusieurs projets comme des marathons ou l’idée de créer un grand évènement sportif à Marrakech. Ce n’est qu’au stade embryonnaire mais on y pense sérieusement !

Interview décalée…

Ta devise ?
« Quand on veut, on peut ! »

La destination qui te fait rêver ?
Le japon ! On n’y est pas encore allé mais on espère que ce sera notre prochain voyage. On tente une nouvelle destination tous les ans.

Ton sport favori ?
Le Crossfit sans hésitation !

Un seul objet à prendre sur une île déserte ?
Mon bola ! C’est un collier de maternité qui fait du bruit à l’intérieur. J’aime les objets qui ont une histoire.

Ton soin favori ?
Nectarome bien sûr ! Ce sont les produits de mon père mais j’adore vraiment ce qu’ils font. Mon préféré serait peut-être le masque aux algues.

Ta journée type ?
Se réveiller avec bébé au sein, petit déjeuner healthy, rendez-vous interminables à droite à gauche, sorties avec bébé, sport, et un dîner en amoureux !

Ton plat favori ?
Ça peut être un dessert ? La mousse au chocolat ! Je n’hésite pas à me faire plaisir, c’est un équilibre. Une fois qu’on l’a trouvé, on peut s’écouter et tout va bien.

Ton rêve le plus fou ?
La paix dans le monde ! C’est un peu une phrase à la « Miss France » mais oui finalement c’est réel et je suis assez traumatisée par la violence dans la vie de tous les jours. Donc oui, la paix dans le monde.

Ton restaurant coup de cœur ?
Les jardins bio-aromatique de l’Ourika ! On peut manger là-bas, c’est très agréable. C’est aussi une histoire de famille et j’adore y passer des weekends. Sur place, il y a un espace pour les enfants et je dois dire que c’est très pratique. On y est vraiment tranquille, le bonheur !

Ton conseil nutrition ?
On se fait souvent avoir par les marques industrielles, la spirale de l’enfer ! Il faut donc réapprendre à manger des produits sains et savoir écouter son corps. Voir le long terme plutôt que le court terme. Etre patient, pratiquer une activité sportive, manger équilibré… Il n’y a pas de secret.

Le fashion faux pas à éviter ?
Il n’y en a pas ! Plus tu es fashion faux pas, plus tu es originale, donc j’adhère ! Je suis la seule à porter les Ugg ouvertes avec des chaussettes, donc ce n’est pas moi qui vais parler de fashion faux pas.

Ton pire cauchemar ?
J’ai un cauchemar que je fais régulièrement, il faut absolument que j’en parle ! Un chat qui se met sur ses deux pattes comme un humain
et qui monte les escaliers ! Sinon c’est être invisible… Je ne supporte déjà pas dans la vie de tous les jours quand on ne fait pas attention à moi, alors imaginez !

Ton film préféré ?
Boulevard de la mort de Quentin Tarantino, il est génial, il faut le voir !

L’acteur avec qui tu rêverais de jouer ?
Leonardo DiCaprio, le grand Leornardo bien sûr ! Peut-être aussi Louis de Funès, j’aurai bien aimé.